Prostitution à Gerland. Le triste cours d’éducation sexuelle cautionné par la mairie de Lyon

12 avril, 2023 | POLITIQUE | 3 commentaires

Texte : Jean Voilaraie – Problématique reconnue depuis de nombreuses années, la prostitution autour de la Plaine des Jeux de Gerland ne cesse de s’étendre. Une fâcheuse compagnie pour les enfants des clubs résidents, autant que pour les parents, lesquels regrettent le manque de soutien de la mairie écologiste.

Le sport a beau s’ouvrir au collectif et tenir l’ouverture d’esprit en haute estime, force est de croire que celui-ci se passerait volontiers de certaines compagnies. De partenaires indésirables, comme la Plaine des Jeux de Gerland les empilent actuellement. Pire, depuis l’été dernier, leur nombre ne fait que s’intensifier, au même titre que les exercices de leur discipline favorite : la prostitution. Et si les entraînements sont quotidiens, organisés au choix, sur la rue Jean Bouin, l’allée Pierre de Coubertin et l’avenue Jean Jaurès, leur organisation à la vue de tous exaspère de nombreux voisins.

À commencer par les clubs résidents (Lyon Athlétisme, école de rugby de l’association LOU, FC Gerland, Lugdunum CLG) et les parents de jeunes licenciés, échaudés par la proximité de la centaine de camionnettes habillant chaque bordure du complexe. Par leurs résidentes surtout. Un sentiment compréhensible alors que toute réunion sportive sur site, s’accompagne de scènes gênantes, sinon obscènes. Il devient fréquent en effet, d’assister à un entraînement d’athlétisme, de rugby ou de foot, sur fond de prostituées en petite tenue ou dénudées.

La solution des écologistes : une médiation entre parents et prostituées

Un spectacle peu appréciable, que des pratiquants de 4 à 16 ans, placés aux premières loges, sont contraints de subir chaque mercredi et chaque week-end. « On a des enfants qui ont assisté à des scènes de sexe avec camionnettes ouvertes. Mon enfant a dû échanger avec une femme, seins nus, qui lui a demandé si l’entraînement s’était bien passé », pointe Fanny*.

Préservatifs usagés et seringues viennent également décorer les terrains ou leurs environs. Au risque de détériorer le complexe, autant que l’image des clubs résidents. « Loin de moi l’idée d’en parler avec les parents des équipes adversaires. On a déjà assez honte comme cela », déclare la mère d’un jeune licencié, à l’heure d’évoquer les tournois organisés sur site. Le tout, sans oublier de mentionner les désagréments provoqués par les clients eux-mêmes.

« Une maman s’est fait racoler par l’un d’eux. C’est fréquent ! Certains vont même jusqu’à interpeller les jeunes filles », complète Grégory, désespéré par ces scènes régulières, que les grilles en bord de terrain ne peuvent éclipser. Bien au contraire. Dès 16h, il n’est pas rare de voir ces femmes de joie s’exhiber, invitant ainsi les clients à s’arrêter pour couvrir leurs pulsions. Et si les clubs sportifs sont contraints de s’habituer à ces exhibitions, un collectif de parents ne décourage pas de couvrir ces seins que les enfants ne sauraient voir.

Hélas, leurs soutiens semblent peu nombreux. Si la police tente d’apporter sa pierre à l’édifice, en multipliant les rondes (jusqu’à 3 fois par jour, ndlr), le manque de collaborations des élus locaux exaspère au plus au point. « On ne comprend pas la position de la mairie. On est sur du ‘‘il est interdit d’interdire’’. Au début, ils nous ont même dit : ‘‘ah bon, du proxénétisme, mais ce n’est pas possible’’ », regrette Fanny. « On se trompe de débat », aurait même avancé Mohamed Chihi, adjoint à la sécurité à la Mairie de Lyon, les écologistes préférant se désoler sur ces pauvres femmes, plutôt que sur ses jeunes administrés.

La préfecture, elle, ne peut agir sans arrêté municipal défini au préalable

« On est d’accord, elles s’autoprotègent en restant ensemble, mais ce n’est plus possible », souligne Grégory, pour qui la solution n’est pas à chercher bien loin : la mise en place d’un arrêté municipal visant à interdire de stationner sur les rues concernées, une pratique déjà mise en œuvre les soirs de match du LOU Rugby. Avec succès, en particulier sur l’allée Pierre de Coubertin et l’avenue Jean Jaurès, étrangement vidées de camionnettes à ces occasions.

« Comme par miracle, il n’y a plus une camionnette ! Le reste du temps, elles stationnent sur des pistes cyclables, raison de plus », maugrée Grégory, avant de préciser : « j’ai déjà entendu des parents dire qu’ils allaient cramer les camionnettes ! Ça peut dégénérer. Moi, je me suis posé la question de changer mon enfant de club ». Une réflexion regrettable, mais déjà observée du côté du club Lyon Athlétisme, où l’instauration d’un mur végétalisé (payé 500 000€, ndlr) le long de la piste Mélina Robert-Michon, n’a fait qu’atténuer le problème.

Résultat, de nombreux licenciés se sont retirés. D’autres parents hésitent à en faire de même, au détriment des clubs impliqués. Y compris au LOU Rugby, où l’association doit déjà composer avec une baisse des subventions (lire par ailleurs). Une problématique cumulée avec l’humiliation de confronter l’entraîneur en chef, Xavier Garbajosa, de nombreux joueurs professionnels et leur fils, à cette triste compagnie.

Seulement voilà, les écologistes apparaissent déconnectés de cet agacement. Pour preuve, cette proposition absurde d’une médiation entre les prostituées et les parents. Ou encore d’une demande visant à décaler le début des passes à la fin des entraînements. « C’est absurde », pointe le collectif, dont les sollicitations auprès de Grégory Doucet sont restées inlassablement sans réponse.

« On lui a même envoyé un courrier avec accusé de réception. Il ne nous a jamais répondus », embraie Fanny, laquelle réclame un déplacement de ces prostitués sur un autre terrain, « avec plus de décence ». Réponse de la maire du 7e arrondissement, Fanny Dubot : « si on fait cela, on est des proxénètes » ! « Ils se renvoient tous la balle, parce que selon eux, il faut traiter le problème avec humanisme », s’insurge Grégory, anéanti par tant d’hypocrisie.

D’autant qu’avec l’arrivée des All Blacks sur site, à l’occasion de la Coupe du Monde, le collectif reste persuadé qu’une vaste opération de délogement sera mise en place. Quid de l’après ? Une question restée sans réponse. Une fois de plus. « On ne lâchera pas tant que les camionnettes seront là », promettent les adhérents, dont la pétition englobe aujourd’hui plus de 3400 signatures. Autant de voix que les écologistes laissent sans écho. Une manière de faire durer le plaisir. Celui des clients, au détriment des enfants. Une drôle d’éducation…

*les prénoms ont volontairement été modifiés  

> Lien vers la pétition : cliquez ici

Par : <a href="https://dev.lyonpeople.com/author/cof4" target="_self">cof4</a>

Par : cof4

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3 Commentaires

  1. Pol

    Lyon peuple un vrai journal d’automobiles l’hier les Porsche .aujourd’hui les utilitaires
    .surtout que les utilisateurs sont souvent les mêmes .

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  2. HENRY

    très bien pour la qualité de vos articles

    Réponse
  3. Jacques G

    Si je comprends bien, tous ce qui n’est pas en rapport avec le vélo, la décroissance, la gestion de l’eau, n’intéresse pas les élus de de la majorité ! Nous sommes donc face à des gens aveugles, sourds et surtout obtus ! .

    Réponse

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