Jimmy Mieusset. La vitesse ne l’a jamais fait flipper

19 avril, 2023 | SPORT | 0 commentaires

Texte : Morgan Couturier – Pilote chevronné, multiple vainqueur du championnat de France de la montagne dans les années 70, Robert Mieusset alias Jimmy, vit aujourd’hui au gré d’une autre passion : les flippers. À 81 ans, le Lyonnais continue d’écouler de nombreux modèles, depuis sa boutique du cours d’Herbouville.

Pour peu, sa vie d’avant serait effacée aussi simplement qu’une ligne de score sur les flippers qu’il se plaît à vendre, à choyer et astiquer comme ses carrosses d’antan. Il faut d’ailleurs s’accrocher pour trouver trace de son glorieux passé, écumé sur l’asphalte, lorsque s’ouvrent les portes de sa boutique Lyon Flipper. Seules quelques coupes çà et là, de même qu’une photo d’époque, illustrant le pilote en pleine action, ouvrent la voie à une autre vie.

L’intéressé lui-même, se garde bien d’aborder cette autre facette, ses courses préférées relevant aujourd’hui de la chasse aux modèles d’exception. Il faut alors toute l’aide de sa compagne, Gisèle, pour ramener Jimmy Mieussetà ses premiers amours. À son coup de volant et ce sempiternel « sens de la trajectoire », qu’il s’évertue pourtant à entretenir quotidiennement, entre Rhône et Saône. « Il a encore de beaux réflexes », livre sa femme, rompant ainsi avec la version de Jimmy Mieusset, pour qui l’âge (81 ans, ndlr), justifie le retrait des circuits.

Qu’à cela ne tienne, une fois la première engagée, le Lyonnais se fait plus loquace. À l’image des discussions engageant ses voitures persos, l’intéressé se prenant rapidement à parler de vitesse. De ce bolide de 850 chevaux, pour lequel 2,2 secondes lui suffisent à atteindre les 100km/h. Preuve que Robert, de son vrai nom, n’a pas totalement tourné la page. Le Game Over est impossible.

« À l’époque, on aimait bien Jackie Stewart. J’essayais de me rapprocher de son style »

« La passion est toujours là, mais il faut faire différemment », explique-t-il. L’homme se résout alors à ne louper aucune course de F1, se laissant même à comparer l’incomparable : les monoplaces d’aujourd’hui et celles exaltant son époque. Des bolides « plus monotypes » et donc plus propices à laisser transparaître le talent pur, le danger faisant partie d’une équation où toute sortie de route relevait régulièrement de la fin de partie.

Jimmy Mieusset Rallye

« A mon époque, j’ai vu plein de collègues se tuer. La sécurité n’était pas la même. On était des gladiateurs », glisse-t-il, mentionnant par ailleurs, sa première course, orchestrée à Reims. « Je n’avais pas même pas de combinaison. Mais si on pense aux dangers, on ne court plus. Quand on tient le volant, on ne pense pas à tout cela », précise-t-il. D’autant qu’à cette époque, l’allégorie du combattant à l’épée, tenait au réalisme absolu, le malheur des uns faisant réellement le bonheur des autres, les baquets étant bien plus rares que ses flippers.

« Tout se passait à Paris, alors quand vous étiez en province, sans un sou… », regrette-t-il. L’ancien directeur de la Scuderia Ferrari, Jean Todt, l’a même hébergé un temps, du côté de la capitale. Un geste de classe, symbole des espoirs que le pilote put susciter, s’illustrant notamment face à (Niki) Lauda ou Henri Pescarolo, avec qui, il fit finalement les 24 heures de Spa.

Jimmy Mieusset

« Il sut mieux se démerder que moi », lâche le Lyonnais, à l’heure d’expliquer les divergences de carrière. Sur ce point, l’octogénaire n’éprouve pourtant aucun regret. Les cinq titres de champion de France de la montagne, de 1971 à 1975, suffisent à son bonheur. Un bonheur simple, où ses sens s’éveillent aujourd’hui, à l’approche d’un baby-foot Sulpie ou d’un flipper en édition limitée, qu’il revend ensuite par centaines chaque année.

« Petit, je ne mangeais pas le midi pour jouer au flipper »

Lui-même en fait la collection, en écho à d’autres époques au cours de laquelle le jeune Jimmy « ne mangeait pas le midi pour pouvoir jouer au flipper ». « Puis j’ai commencé en 1990, ici, dans cette boutique. La raison ? J’ai été collectionneur de vieilles machines à sous. À chaque fois que j’allais en acheter une, on me disait « je te la vends que si tu me prends un flipper », détaille-t-il.

Le point de départ à une activité nouvelle où l’ancien pilote s’obstine à chiner – souvent aux USA – les machines les plus rares, sophistiquées ou émotionnelles. « Des histoires succulentes », avance-t-il, alors que les bons thèmes et les beaux plateaux font souvent les bons clients. À condition d’y mettre le prix. Vendus entre 7 500 et 28 000€, ses flippers ont toujours la côte. Ces mêmes côtes que Jimmy Mieusset s’est tant efforcé de gravir pied au plancher. Avec succès. Et quelques jackpots !

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Par : cof4

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